Dix prompts prêts à copier, les trois relances qui changent tout, les sept erreurs fréquentes, et la méthode pour que vous n'ayez plus jamais à réécrire la même demande.
Le schéma du livre donne la structure. Voici ce qui, dans chaque bloc, fait réellement la différence entre une réponse moyenne et une réponse utilisable.
La question n'est pas seulement « que doit-elle produire », c'est à quoi cela va servir. « Explique-moi la fibrillation atriale » et « explique-moi la fibrillation atriale pour que je l'explique à un patient de 78 ans dans dix minutes » ne produisent pas le même texte, et c'est la seconde partie qui fait tout.
Le geste : terminer l'objectif par « pour que je puisse... ». Cette formule oblige à dire l'usage réel, et l'usage réel oriente mieux que n'importe quel adjectif.
« Tu es cardiologue » ne dit presque rien. « Tu es cardiologue libéral en cabinet de ville, sans plateau technique sur place » change les propositions, les délais et les orientations. La spécialité indique le savoir, le contexte d'exercice indique le réalisme.
Le geste : ajouter systématiquement le milieu d'exercice et l'accès aux moyens. Deux mots, et vous éliminez les réponses hospitalo-centrées.
Un bon contexte n'est pas un contexte long, c'est un contexte qui élimine. Les contre-indications, les échecs antérieurs, les contraintes du patient et les vôtres. Ce sont ces éléments qui écartent les propositions inapplicables, et donc qui raccourcissent la réponse.
Le geste : écrire une ligne « ce qui est déjà exclu, et pourquoi ». C'est l'ajout qui améliore le plus une réponse, et personne ne le fait.
Sans contrainte de forme, vous obtiendrez la forme moyenne : des paragraphes tièdes, une conclusion générale, aucune décision. Imposez la structure (tableau, colonnes, rubriques) et la longueur (nombre de lignes, de mots, de points). La longueur est la contrainte la plus efficace de toutes.
Le geste : dire ce que vous ne voulez pas dans la sortie. « Pas d'introduction, pas de conclusion, pas de rappel de cours » vous fait gagner un tiers du texte.
Le cinquième élément, implicite L'autorisation de ne pas savoir. Ajoutez à la fin : « si tu n'as pas l'information, écris-le au lieu de l'estimer ». Ce n'est pas une lettre de plus, c'est ce qui rend les quatre autres fiables.
Rangés par usage. Remplacez les crochets, collez, gardez. Aucun ne contient de donnée identifiante, et aucun ne doit en contenir.
Tu es [spécialité] exerçant en [cabinet de ville / structure], sans accès immédiat à [plateau technique]. Dans un contexte de [type de consultation], face à une situation type : [description en 3 lignes, sans aucun élément identifiant]. Ce qui est déjà exclu : [éléments écartés, et pourquoi]. Ta tâche est de proposer les conduites à tenir envisageables, pour que je puisse préparer ma décision avant de rouvrir les référentiels. Présente sous forme d'un tableau : option, ce qui la soutient, ce qui l'écarte, ce qu'elle suppose de vérifier. Pas d'introduction, pas de conclusion. Si tu n'as pas l'information, écris-le au lieu de l'estimer.
Tu es [spécialité] en [milieu d'exercice]. Dans un contexte de [consultation non programmée / suivi], voici un tableau clinique type : [description, sans identité, sans date]. J'ai déjà pensé à : [liste de mes hypothèses]. Ta tâche est de me proposer ce que je n'ai pas listé, pour que je vérifie que je ne passe pas à côté. Présente sous forme de trois listes : les hypothèses fréquentes que j'ai omises, les hypothèses rares mais graves à ne pas manquer, les éléments qui permettraient de trancher entre elles. Ne hiérarchise pas à ma place et ne conclus pas. Si un élément manque pour raisonner, dis lequel.
Tu es lecteur critique pour un [spécialité] de ville. Dans un contexte de veille, à partir de l'article joint et de lui seul. Ta tâche est de me dire ce que cet article change ou ne change pas pour ma pratique. Présente sous forme de rubriques : question posée, type d'étude, population et ce qui limite l'extrapolation, critère principal et s'il est clinique ou intermédiaire, résultat en absolu et en relatif avec l'intervalle, limites énoncées par les auteurs, ce que ça change en une phrase. Une page maximum, style télégraphique. Si une rubrique n'est pas renseignée dans l'article, écris "non rapporté".
Tu es pédagogue en éducation thérapeutique. Dans un contexte de consultation de ville, face à [un adulte sans culture médicale / un aidant / un adolescent]. Ta tâche est d'expliquer [pathologie ou traitement], pour que je puisse le dire à l'oral en cinq minutes et lui laisser une trace écrite. Présente sous forme de : trois paragraphes de cinq lignes, puis "Les trois choses à retenir", puis "Quand consulter sans attendre". Contraintes : phrases de quinze mots maximum, aucun terme technique sans traduction immédiate, aucun nom de médicament, aucune donnée de pronostic. Registre factuel et rassurant, jamais culpabilisant.
Tu es formateur en communication médicale. Dans un contexte de consultation programmée, je dois annoncer [nature de l'information, sans aucun élément identifiant] à [profil général de la personne]. Ta tâche est de me préparer, pour que je choisisse mes mots avant d'entrer dans la pièce. Présente sous forme de : une phrase d'ouverture possible, trois formulations à éviter et pourquoi, les deux questions les plus probables et une réponse honnête à chacune, une phrase de clôture qui laisse une porte ouverte. Tu ne rédiges pas un script à lire. Tu me donnes des appuis. Pas de pathos, pas de formule toute faite.
Tu es assistant de rédaction d'un [spécialité] de ville. Dans un contexte d'adressage à un [spécialité du destinataire], à partir de mes notes brutes ci-dessous, sans y ajouter quoi que ce soit. Notes : [coller les notes, sans identité, sans date de naissance]. Ta tâche est de rédiger le courrier, pour que le confrère comprenne ma question en dix secondes. Présente sous forme de : formule d'appel, une phrase de motif, antécédents utiles en trois lignes, histoire chronologique en cinq lignes, examens déjà réalisés, traitement en DCI, la question posée isolée sur sa ligne, formule de politesse. Une page maximum. Si une donnée manque, écris [à compléter] plutôt que de deviner.
Tu es assistant de rédaction d'un médecin. Dans un contexte de relation de soin à préserver, je dois refuser : [nature de la demande]. Ta tâche est de rédiger une réponse, pour que le refus soit clair sans être blessant et sans ouvrir une négociation. Présente sous forme de : le refus en première phrase, la raison en une phrase compréhensible, ce que je peux faire à la place s'il existe une alternative, vers qui se tourner le cas échéant. Ton : ferme et respectueux. Pas d'excuse, pas de justification longue, pas de ton défensif. Six lignes maximum. Donne-moi ensuite, séparément, ce qu'il ne faut surtout pas écrire dans cette situation.
Tu es analyste documentaire. Dans un contexte de préparation professionnelle, à partir du document joint et de lui seul. Ta tâche est d'en extraire ce qui m'est utile, pour que je décide si je dois le lire en entier. Présente sous forme de : cinq points clés avec pour chacun la section d'origine, puis "ce qui change en pratique", puis "ce que ce document ne traite pas". Contraintes : tu n'ajoutes aucune connaissance extérieure au document. Tu signales toute affirmation que tu as construite en recoupant plusieurs passages. Une page maximum.
Tu es concepteur pédagogique en formation médicale. Dans un contexte de cours à des [internes de spécialité / étudiants / confrères], sur le thème [thème]. Ta tâche est de construire un cas clinique entièrement fictif, pour que je fasse raisonner le groupe plutôt que de réciter. Présente sous forme de : la situation initiale en cinq lignes, trois questions posées au groupe dans l'ordre, les éléments à révéler après chaque question, les deux pièges de raisonnement classiques sur ce thème, la synthèse en cinq lignes. Contraintes : le cas est fictif et invraisemblable à identifier. Les réponses ne figurent jamais dans ce qui est projeté au groupe.
Tu es concepteur d'évaluation. Dans un contexte d'auto-évaluation après lecture, à partir du document joint et de lui seul. Ta tâche est de rédiger dix questions à choix multiple, pour que je vérifie ma compréhension plutôt que ma mémoire. Répartition imposée : trois sur les faits et les chiffres, quatre sur l'application à un cas de ville, deux sur les limites méthodologiques, une dont la bonne réponse est "le document ne permet pas de conclure". Présente sous forme de : question, quatre propositions, puis la bonne réponse, une explication de deux lignes et la référence exacte dans le document. Pas de distracteur absurde, pas de "toutes les réponses ci-dessus".
À envoyer après la réponse. Elles coûtent dix secondes et améliorent davantage le résultat qu'une réécriture complète du prompt.
Avant de répondre, ne réponds pas encore. Reformule ma demande en une phrase, pour que je vérifie que tu l'as comprise. Puis liste les trois informations qui te manquent et qui changeraient le plus ta réponse. Puis attends que je te les donne.
Reprends ta réponse. Sans la réécrire, dis-moi : 1. Quels arguments existent contre la conclusion que tu proposes. 2. Dans quelles situations cette réponse serait inadaptée, voire dangereuse. 3. Ce que tu as simplifié pour rendre la réponse lisible. Si tu ne trouves rien à ces trois questions, explique-moi pourquoi.
Pour chaque affirmation de ta réponse, indique : - Si elle provient d'un document que je t'ai fourni, avec la citation exacte entre guillemets. - Si elle provient de tes connaissances générales, sans source vérifiable. - Si elle résulte d'une déduction de ta part. Marque chaque ligne en conséquence. Ne reformule pas ta réponse, produis seulement ce tableau.
Laquelle utiliser La première quand la demande est complexe et que vous n'êtes pas sûr d'avoir tout dit. La deuxième quand la réponse vous plaît trop. La troisième dès qu'une décision est en jeu. Les trois ensemble sur un sujet qui compte : cela prend une minute et vous évite l'erreur qui aurait pris une heure à réparer.
Observées en formation, dans cet ordre de fréquence.
« Explique-moi ça, fais-moi un tableau, et rédige un courrier au patient. » Vous obtenez trois réponses médiocres au lieu d'une bonne.
Correctif : une demande, une réponse. Enchaînez ensuite, le contexte est conservé.
« Depuis que le seuil est passé à X... » alors qu'il n'a pas bougé. Le modèle construira une réponse cohérente autour de votre erreur, et elle vous confortera.
Correctif : posez la question ouverte avant la question fermée, et ne citez pas de chiffre que vous voulez faire vérifier.
Sans contrainte, vous recevez la forme moyenne : longue, tiède, sans décision. Et vous passez plus de temps à la retailler qu'il n'en aurait fallu pour la cadrer.
Correctif : structure et longueur, dans chaque prompt, sans exception.
Après trois allers-retours sur une réponse mal partie, le contexte est encombré et la qualité plafonne. On s'acharne parce qu'on a déjà investi du temps.
Correctif : si deux relances n'ont pas redressé la trajectoire, repartez d'une conversation neuve avec un prompt corrigé.
Elle est presque toujours la plus consensuelle, donc la moins utile. C'est la deuxième, après une relance exigeante, qui vaut quelque chose.
Correctif : considérez la première sortie comme un brouillon de cadrage, pas comme un résultat.
Par réflexe de précision, on donne l'âge exact, la date, la ville, la profession. Ces quatre éléments réunis suffisent souvent à identifier une personne.
Correctif : décrivez la situation, jamais la personne. Une tranche d'âge, un contexte, pas de date, pas de lieu.
L'erreur la plus coûteuse sur l'année. Un bon prompt trouvé un mardi soir est perdu le jeudi matin, et vous le réécrivez.
Correctif : la section suivante. Dix minutes une fois, et le problème disparaît.
C'est le vrai sujet de cette page, et il se règle en une soirée.
| Le geste | Comment le faire |
|---|---|
| 1. Lister vos dix situations | Celles qui reviennent chaque semaine, pas celles qui vous intéressent. Prenez votre agenda de la semaine passée : elles y sont toutes. |
| 2. Écrire un ORCF par situation | Dix minutes chacun la première fois. Les prompts de cette page couvrent déjà la moitié des cas courants. |
| 3. Les stocker là où vous les retrouverez | Un document unique, une note épinglée, un dossier de textes enregistrés. Peu importe l'outil, l'important est qu'il soit ouvrable en trois secondes pendant une consultation. |
| 4. Les nommer par le déclencheur | Pas « prompt courrier » mais « quand j'adresse à un spécialiste ». Vous cherchez par la situation, jamais par le nom technique. |
| 5. Les corriger au fil de l'eau | Chaque fois qu'une réponse vous déçoit, corrigez le prompt correspondant plutôt que la réponse. En un mois, votre bibliothèque devient nettement meilleure que celle d'un manuel. |
| 6. La revoir une fois par an | Les modèles changent, vos besoins aussi. Une heure en janvier suffit. |
SITUATION : [le déclencheur, formulé comme je le reconnaîtrai en consultation] DERNIÈRE MISE À JOUR : [date] Tu es [RÔLE : spécialité + milieu d'exercice + moyens disponibles]. Dans un contexte de [CONTEXTE : type de situation, ce qui est déjà exclu et pourquoi]. Ta tâche est de [OBJECTIF : le livrable], pour que je puisse [l'usage réel que j'en ferai]. Présente sous forme de [FORMAT : structure exacte, longueur maximale, ce que je ne veux pas]. Si tu n'as pas l'information, écris-le au lieu de l'estimer. CE QUI MARCHE BIEN AVEC CE PROMPT : [à remplir après quelques usages] CE QU'IL FAUT ENCORE CORRIGER : [à remplir au fil de l'eau]
Avant d'envoyer un prompt qui compte, et avant d'utiliser la réponse.
Si mon prompt contient un « et aussi », je le coupe en deux.
Ni nom, ni date de naissance, ni ville, ni date de consultation, ni profession singulière.
Je ne fais pas dire au modèle ce que je crois savoir.
Et ce que je ne veux pas voir apparaître dans la sortie.
La phrase qui rend tout le reste fiable, et qui tient en une ligne.
Un prompt, c'est une consultation. Une bibliothèque de prompts, c'est un cabinet organisé. Le temps que vous passez à cadrer une demande une fois vous est rendu à chaque fois que la situation revient. C'est la seule compétence de ce livre qui survivra à tous les changements d'outils.
Aucune importance sur la qualité de la réponse. Le tutoiement est simplement plus court à écrire, c'est la seule raison pour laquelle les prompts de cette page l'emploient.
Cela ne change rien au résultat. Certains le font par habitude, d'autres non. Ce qui compte est ailleurs : dans l'information donnée et la contrainte posée.
Rarement. Un bon prompt contient votre contexte d'exercice, vos contraintes et votre format habituel : par construction, il ne peut pas être générique. Achetez du temps de formation plutôt que des fichiers de prompts.
Non, et c'est normal : ces systèmes comportent une part d'aléa. Une bonne structure réduit fortement la variabilité, elle ne l'annule pas. Sur un sujet qui compte, relancez une seconde fois et comparez.
Marginalement. Un ORCF bien écrit fonctionne partout, parce qu'il repose sur la clarté de la demande et non sur une particularité technique. C'est aussi ce qui rend votre bibliothèque durable.
Deux à trois semaines d'usage quotidien. Le signe que c'est acquis : vous vous surprenez à structurer une demande à un confrère de la même manière.
| Élément | Origine |
|---|---|
| La méthode ORCF et l'analogie de la consultation | Cadre pédagogique proposé par les auteurs de cet ouvrage. Il n'a pas de valeur normative, il sert à structurer une demande. |
| Effet des consignes de structure et de longueur sur la qualité des réponses | Guides de rédaction de prompts publiés par les éditeurs de modèles, 2025 et 2026 |
| Absence d'effet démontré des formules d'insistance et des mises en scène émotionnelles | Travaux d'évaluation publiés sur l'ingénierie de prompt, 2024 à 2026 |
| Reprise par le modèle d'une prémisse fausse contenue dans la question | Étude sur cas cliniques comportant un détail fabriqué, 2025 |
| Variabilité des réponses à consigne identique | Documentation des éditeurs sur les paramètres de génération |
| Méthode A.V.E.C. | Haute Autorité de santé, recommandations sur l'IA générative en santé, 30 octobre 2025 |